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24/02/2013

Deux mois autour du Mékong à vélo quatrième partie: Vientiane Paksé par les plateaux du centre

 

20 février Vientiane à Thaoy Noy 116 km

Ce matin petit-déjeuner à 7 heures pour un départ prévu une demi-heure plus tard. Mais c'est compter sans les rencontres de dernière minute. Tout d'abord, un jeune Irlandais, qui voyant nos vélos chargés vient nous parler. Il a traversé les Amériques de l'Alaska à la Terre de Feu  à vélo en 15 mois. Bien évidemment, cela ouvre le champ des discussions!  Ensuite, nous tombons sur un Français, déjà vu la veille, qui vit en Thaïande. J'en profite pour lui demander son avis, carte à l'appui, sur les différentes options que nous envisageons dans la dernière étape de notre voyage, lorsque nous retournerons en Thaïlande. Mon choix serait plutôt de longer la frontière cambodgienne en se rapprochant de Bangkok. Christian serait plutôt tenté par une descente en train vers le sud pour aller au bord de la mer. Ma priorité étant de rouler, je privilégie toujours l'option qui nous permettra le plus grand nombre de jours à vélo. D'autre part, le trajet qui a ma faveur sera très certainement beaucoup plus tranquille que les plages du sud. Nous disposons encore d'une douzaine de jours pour trouver un terrain d'entente. Il y a aussi un aléas, la manière dont mon vélo va tenir!

Donc, notre départ se fera péniblement à huit heures passées. Il nous faudra affronter les chaleurs du début d'après-midi. Les premiers kilomètres sont effectués le long de la grande esplanade dominant le Mékong. A cette heure, somme toute matinale, nous sommes presque seuls.

 

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Une fois arrivés à la limite sud de la ville, nous prenons une route secondaire qui nous permettra de rester au plus près du fleuve. Dans un premier temps, nous passons sous le pont qui communique avec la Thaïlande en enjambant le Mékong. Nous sommes passés sous ce même pont mais sur l'autre rive, il y a tout juste un mois, alors que nous roulions vers le nord de la Thaïlande. Un peu plus loin nous voyons distinctement la petite ville de Nong Khai, où nous avions séjourné deux jours. 

Un voyage de deux mois, parfois cela paraît long, et à d'autres moments cela sembe très court. Je n'ai pas le sentiment qu'il y a déjà  un mois, nous remontions la rive opposée du Mékong, et que nous avons parcouru presque deux mille kilomètres depuis. En effet, aujourd'hui nous allons dépasser les 2500 kilomètres.

 

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Notre route, après le fameux pont "friendship  bridge", pont de l'amitié en français, se transforme en piste. Tout d'abord elle est pleine de trous, ce qui rend la progression lente, pénible et dangereuse pour nos vélos chargés. Plus loin, elle se révèle plus plate, mais plus poussièreuse. L'expérience de la piste se déroulera durant quarante kilomètres. Nous retrouverons alors le goudron. Je m'y trouvais bien sur cette piste, bien qu'enveloppé de pousssière. Dans ces cas j'ai vraiment l'impression d'être parti loin. Et puis la poussière, certes elle n'est pas très agréable à respirer, mais la fumée noire des camions sur les axes goudronnés ce n'est pas vraiment mieux! Car, bien que plusieurs personnes nous aient dit que le trafic n'était pas très important au Laos, il est loin d'être négligeable.

 

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Vers 13h30, une halte dans un petit restaurant de bord de route est la bien-venue. Nous y mangeons une belle assiette de soupe aux pâtes, accompagnée  de crudités, comme bien souvent au Laos. Nous repartons pour 45 kilomètres sous une chaleur importante. Je décide de remplacer mon casque par le chapeau que je me suis acheté il y a deux semaines. Où est la sécurité optimale: garder le casque pour éviter les chocs en cas de chute, ou mettre le chapeau pour éviter les coups de chaud à la tête?

Vers les 16 heures après quelques recherches nous optons pour un logement dans la petite bourgade de Thaoy Noy. Les prix ne sont pas aussi bas qu'annoncés au Laos, bien qu'ils restent très abordables. Ces deniers temps, ils ont une fâcheuse tendance à augmenter rapidement d'une année sur l'autre. Par exemple la guest house dans laquelle nous avons dormi deux nuits à Vientiane, le prix annoncé dans notre guide 2013, qui en réalité datait de trois ans, car seule la couverture avec en gros 2013 avait était mise à jour, eh bien ce prix a été multiplié par trois. On nous a expliqué que ces pays asiatiques étaient en train de changer leur politique touristique. Ils ne seraient plus intéressés par le flux d'Occidents fauchés à la recherche de vacances pas chères. Ils se tourneraient plutôt vers une clientèle haut de gamme qui ne regarde pas à la dépense. Ainsi, nous avons constaté que les hôtels de bon standing se mettent à pulluler, et que la clientèle chinoise, équipée de grosses voitures, y est abondante. Je crois qu'en Europe nous ne sommes qu'au début de nos soucis économiques devant la montée en puissance de l'Asie avec ses milliards d'habitants, qui sont particulièrement durs à la tâche et de plus peu revendicatifs.

 

21 février Thaoy Noy à Paksan 67 km

Ce matin départ à 7h10, il commence à faire beau dès le matin. Finies les brumes matinales, nous pouvons assister au lever du soleil, ce que nous ne pouvions faire au cours des deux semaines précédentes. L'étape de la journée ne sera pas très longue, 67 kilomètres, que nous parcourons en moins de trois heures, à la moyenne de 24km/h. Notre étape prend fin vers les 10 heures, mais c'est agréable de pouvoir prendre son temps. J'en profite pour faire une grosse lessive, enfin grosse toute relative!

 

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Nous somme dans une guest house très sympathique. Le propriétaire parle bien le français et sa femme l'anglais. Cette dernière nous offre des fruits à section en étoile de son arbre, caroube, je crois. Ce fruit nous l'utilisons en France pour la décoration de certaines présentations. Mais c'est la première fois que je mords à pleine dent dans ce type de fruit après l'avoir cueilli sur l'arbre. S'il est bien mûr, il dégouline d'un jus abondant un peu assidulé. Un couple de cyclistes allemands arrive un peu après nous. Au Laos ils ont suivi le même itinéraire que nous. Les deux jours qui viennent nous devrions encore faire route commune, puis ils partiront à l'est sur le Vietnam, alors que nous resterons au Laos en mettant la cap au sud.

22 février Paksan Viang Kham  91 km

Départ matinal, vers les 7h, après avoir concocté notre  un petit-déjeuner à base de café froid, de lait concentré et de gâteaux pas très bons. Contrairement à la Thaïlande nous commençons à trouver la nourriture peu variée et pas toujours très appétissante. A part quelques exceptions nous n'avons jamais mangé un bon poulet rôti comme en Thaïlande. 

Question nourriture à plusieurs reprises des cyclistes rencontrés nous ont fait des remarques à ce sujet en comparant avec les différents pays des environs par lesquels ils sont passés.

Le ciel est couvert, ce qui est agréable  pour rouler. Cependant, un vent irrégulier se lève. Jusqu'à présent nous n'avions pas connu ce phénomène météorologique.Serait-il lié à l'approche des premières pluies de mousson, qui d'ici un mois au plus tard vont sévir?

Tout surpris, nous voyons arriver Stéphane, qui nous rattrape. Il nous dit un grand bonjour. Je suis tout content de le voir. Il a bien trouvé le petit mot que je lui avais laissé. Manifestement la brouille n'est pas d'actualité!

Tout en roulant, un petit clic métallique m'inquiète. Je m'arrête, le constat est sans appel, encore un rayon cassé. J'essaye de rejoindre au plus vite Stéphane et Christian qui me précèdent de cinq cents mètres. Je vais mettre plusieurs kilomètres, et enfin ils m'entendent les appeler. Ma roue n'est presque pas voilée. Nous atteignons le prochain village et nous effectuons la réparation. J'utilise le rayon, un peu plus court que les miens,  celui que Stéphane m'avait donné il y a dix jours. Ca a l'air d'aller. Il ne m'en reste plus qu'un dernier. Notre itinéraire prévu dans quelques jours à travers pistes, il n'est plus question d'y penser. Nous allons rester sagement sur route goudronnée avec l'espoir d'atteindre Paksé dans quelques 600 kilomètres, sans nouvelle casse. 

Après le réparation Stéphane nous dit au revoir, cette fois définitivement. En effet, il compte encore parcourir plus de 120 kilomètres aujourd'hui, ce qui lui fera une étape de quelques 200km! Le 3 mars il compte être à Bangkok, ce qui fait des étapes bien supérieures à cent kilomètres chaque jour.

A l'étape, dans un village sans relief de croisement de routes, dans un vent fou, qui soulève des nuages de poussière nous trouvons après bien des recherches, un logement convenable. Nous y retrouvons notre couple d'Allemands. Nous déjeunons d'un excellent poulet bien grillé badijonné avec une sauce au citron. Le restaurant est une cour des miracles, qui vibre au passage des camions et des cars, et où chats, chiens, poules et coqs viennent quémander quelques restes, et même vont directement dans les poubelles se servir sous le comptoir! Mais tout se passe dans le calme et l'impassibilité asiatique.

 

23 février Viang Kham à Nahim  44 km

Ce matin nous allons quitter pour quelques centaines de kilomètres la grande route du bord du Mékong. Cependant le trafic restera relativement important, car la frontière du Vietnam est à une centaine de kilomètres et le transport routier y est assez important. Mais les gros camions ne sont pas les plus dangereux, car ils sont très respectueux des cyclistes. Notre guide (livre) parle d'un trafic de chiens entre la Thaïlande et le Vietnam, ces animaux étant consommés dans ce pays. Certains poids lourds en transporteraient jusqu'à un millier. Ce commerce serait très lucratif.Nous n'avon pas entendu aboyer.

 

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Nous nous attendions à de très longues montées. Il n'en est rien. Peut-être 500 mètres de dénivelé, mais nous les remarquons tout juste. Il faut dire que cela fait 45 jours que nous roulons et les muscles sont bien entraînés.

Les paysages deviennent plus jolis que ceux de ces derniers jours. Les formations karstiques font leur apparition. Il est étonnant de voir ces grandes falaises calcaires de couleur noire. Par moments, on pourrait se croire dans certains cirques de roches métamorphiques du Massif Central, alors que nous sommes en pleine zone calcaire, étrange!

 

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Vers 10 heures nous atteignons notre but de la journée. Nous trouvons un logement de très bonne qualité. A 12h30 nous prenons le bus pour aller visiter la grotte de Tham Konglor située à 45 kilomètres. Un trajet en bus de temps à autre n'est pas désagréable! Nous remontons une immense vallée toute plate à la terre aride, entourée de belles falaises noires.

La visite de la grotte s'effectue en pirogue à moteur. En fait, il s'agit d'une rivière sousterraine qui traverse une montagne sur 7,500 km. Le trajet aller-retour s'effectue en deux heures. Par endroits, il n'y a pas beaucoup d'eau et la pirogue émet des gémissements sinistres en raclant le fond! A une étroiture de la rivière, notre équipage, deux adolescents, nous fait descendre Christian et moi, pour faire franchir à l'embarcation une petite cascade. Manifetsement ils s'y prennent assez mal et la pirogue se remplit. On vient à la rouscousse pour les aider à sortir le bateau des rapides, car il s'alourdit dangeureusement. Il s'ensuit une bonne séance d'écopage. 

 

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Cette visite est intéressante et nous ne regrettons pas d'y être venus. Nous sommes aussi contents de nous être logés à 45 km, car le lieu est envahi d'une masse de touristes occidentaux qui cherchent le gîte et le couvert. Je suis toujours étonné de voir ces points de focalisation d'Occidentaux, alors qu'en dehors de ces endroits précis, nous n'en voyons quasiment aucun. D'autre part, il ne s'agit pas de retraités qui cherchent à occuper leur temps définitivement libre, mais de jeunes hommes et femmes entre 20 et 35 ans, qui se baladent des mois durant. Le problème de l'emploi en Occident n'a pas l'air de les préoccuper, ou alors c'est parce qu'ils n'en trouvent pas qu'ils partent se promener? Cela reste un mystère pour moi.

 

24 février Nahim à Lak Sao  59 km

Ce matin nous disons au revoir à Stefie et Marcus, le couple d'Allemands avec lequel nous faisons route depuis trois jours. Aujourd'hui nous attaquons par une côte de 8 kilomètres d'entrée. L'envie de pédaler n'est pas très forte. Je suis à l'écoute de tout bruit, qui pourrait se produire sur mon vélo, avec la peur d'un nouveau rayon cassé. Ne nous laissons pas submerger par le stress!

 

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La route, ce matin, est magnifique, elle suit une vallée encaissée entre de belles montagnes, qui viennent s'immerger dans une forêt aux très hauts arbres. Le vent est bien souvent défavorable, mais l'étape est assez courte. Vers 9 heures nous faisons une longue halte dans une petite échoppe en bord de route. Nous y buvons un café chaud et mangeons quels gâteaux. Nous avons du mal à repartir tellement l'ambiance est paisible. Nous sommes dimanche et la circulation est faible. Cela nous change de la majorité des routes que nous avons parcourues depuis notre arrivée dans le pays.

Un serpent mort en bordure de route. J'en fais quelques photos et le prends par la queue. Les véhicules, qui passent freinent et les conducteurs sont intrigués. Avis aux amateurs: qui peut donner le nom de ce serpent?

 

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 25 février Lak Sao à Gnômmalat 86 km dont 75 de piste
 
On nous avait dit que la route n'était pas très bonne sur la portion que nous voulons prendre. Nous décidons de partir  tôt. Mais nous avons du mal à rouler avant 7 heures. En face de notre hôtel le soleil se lève sur de grandes parois, le spéctacle est de toute beauté. Y-at-il des voies d'escalade dans ces grandes faces? Si le rocher était blanc au lieu d'être noir, on pourrait se croire dans les Dolomites. Cela me fait déjà penser à ma semaine d'escalade avec Robert et Christophe début juillet! Mais une chose après l'autre. 

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Il fait relativement frais, nous devons être en altitude vers les mille mètres. Christian prévoyant une journée épouvantable sur des pistes poussièreuses décide d'acheter des masques. Très vite nous sommes dans l'ambiance, gros nuage de pouussière dès que nous croisons un véhicule. Heureusement ils ne sont pas très nombreux. A côté de l'Amérique du Sud c'est de la rigolade. Je ne sais pas pourquoi, mais ces pistes toujours un peu scabreuses pleines de cailloux, qui ne permettent pas des moyennes supérieures à 10 à l'heure j'aime bien, à une seule condition, il faut pouvoir rester sur le vélo. En effet, je vois Jean sourire à ce que j'écris. Mais lui, ce qu'il adore c'est pousser son vélo sur 200 kilomètres! Je reconnais que nous ne jouons pas dans la même catégorie! 

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De plus sur les 15 premiers kilomètres ça se passe assez bien, tout en faisant attention à cause de ma roue arrière, je tiens le 15 km/h sans difficulté. Ensuite cela se corse un peu, des pierres de bonne dimension font leur apparition, donc je redouble de vigilance. Il m'arrive même pour économiser mon vélo de faire certains tronçons à pied alors que je peux rester en selle. Mais on n'est jamais assez prudent pour économiser le matériel!
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Nous arrivons sur la zone innondée par un barrage qui a créé un immense lac de plus de cinquante kilomètres de long. Dans certaines parties immergées, des squelettes d'arbres en grand nombre sortent de l'eau et lancent vers le ciel leurs troncs morts. Cela a un côté franchement lugubre. Mais je ne sais pas à quoi ressemblait le paysage en France, lorsqu'on a mis en eau des ouvrages comme le barrage de Vouglans?
 

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Pendant que j'écris, dans ma chambre une tarente ou géko des murailles fait des vocalises. J'adore ces petites bêtes, et ici elles mangent les vilains moustiques qui donnent le paludisme. A ce sujet, pour le moment nous ne sommes vraiment pas embêtés. Depuis deux semaines nous ne mettons plus de répulsif et nous dormons sans moustiquaire. Il n'y a pas un seul moustique. Si parfois il y en a quelques uns dans les chambres, ils ne piquent pas. Notre énorme bardat de  protection, multitude de bombes pour la peau et pour les vêtements, moustiquaires et autres médicaments comme la malaronne, tout cet attirail reste sagement dans les sacoches, cela fait du poids en plus. Mais il vaut mieux avoir tout prévu et ne pas s'en servir que de contracter une "saloperie". Cependant, il ne faut pas vendre la peau de l'ours.... restons vigilents, en effet notre voyage dure encore trois semaines et la saison des pluies peut faire son apparition sans préavis. Et avec les premières flaques les larves ne tarderont pas à éclore.

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A 13h30 nous nous arrêtons dans une échoppe de bord de route et mangeons un excellent riz et un magnifique concombre coupé en tranches arrosé d'un jus de citron vert. On a adoré.
Un peu plus loin une guest house nous offre un hébergement très confortable. 
Cette étape m'a beaucoup plu. Mais hélas ce sera la dernière de ce style. Nous allons retrouver la route goudronnée et descendre vers le sud sur 400 kilomètres en direction de Paksé.  Cependant le long de cette piste nous sommes passés devant des habitations d'une pauvreté absolue, les enfants en bas âge semblaient se diluer dans la poussière de la route qui submergeait leur demeure. Je n'ose imaginer les conditions sanitaires de ces pauvres gens qui ingurgitent à longueur de journée cette poussière soulevée par le trafic routier, et certains véhicules, gros 4x4 foncent et ne se soucient pas du nuage qu'ils déclenchent.
Ce soir, dans ce village sans rien au bout du monde, jeté au bord d'une route, eh bien le charme opère! Une quiétude générale règne. Une petite fille avec son frère, presque encore un bébé, juché sur le porte-bagages, attend je ne sais quoi. Je n'y résiste pas, je fais une photo. La petite fille intimidée fait comme si elle ne me voyait pas. Son frère au contraire intrigué ouvre de gros yeux ronds en me voyant m'approcher avec mon appareil.
 

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Dans une petite échoppe, la tenancière particulièrement avenante, nous sert un festival de crudités, accompagnées d'une bonne masse de riz gluant. Elle rit de bon coeur et prononce quelques mots de français, comme merci. On est bien loin de l'ambiance que nous avons trouvée, et pas vraiment aimée dans les villes touristiques comme Luang Prabang, Vang Vieng ou Vientiane. 
 

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26 février Gnômmalat à je ne sais pas où, coin perdu sur la route dans la vallée du Mékongk  distance parcourue 115 km
 
Ce matin départ à 7 heures, après une nuit pas très bonne, en particulier pour Christian, qui n'avait pas mis de boules quies. En effet, dans l'une des chambres, la télé a fonctinné fort et très tard et de plus les personnes n'étaient pas discrètes.
Nous allons rejoindre la vallée du Mékong et retrouver la grande route. Durant les soixante premiers kilomètres nous traversons de très belles zones karstiques, toujours très déchiquetées et très noires. Nous croisons un serpent de belles dimensions, vivant cette fois, un vélo de chaque côté, impressionnant! Il se déplaçait en se tortillant d'une façon incroyable en faisant des mouvements très rapides. J'ai failli rouler dessus. Bien sûr, j'ai eu le réflexe de lever les pieds, mais c'était sans compter que mes chaussures étaient rivées à mes pédales!

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Arrivés le long du Mékong, nous suivons une route sans grand intérêt, de plus qui ne nous permet pas de voir le fleuve. Aujourd'hui nous passons le cap des 3000 km. 
A quatorze heures, nous nous arrêtons après 115 kilomètres et dans une véritable fournaise. Nous sommes logés dans des petites constructions individuelles qui donnent sur un grand étang, mais je ne vois aucun poisson!
Après une petite sieste salvatrice, nous partons à la recherche de nourriture pour le petit-déjeunetr de demain, et aussi en vue du repas de ce soir. Dans ces pays c'est comme à l'hôpital, on mange en cinq et six heures. Que ce village aux maisons (si on peut appeler cela des maisons) alignées à ras la route à circulation assez importante, mobylettes, voitures, camions et cars, paraît lugubre. De nombreux commerces ouvrent à même le bourdonnement de la route, parmi lesquels plusieurs ateliers de réparation, dégoulinant d'huile. Les teintes sombres, annonciatrices de crasse, de misère et de saleté prédominent. Nous avons de la difficulté à trouver un paquet de gâteaux pour notre petit-déjeuner. Nous nous mettons ensuite en quête d'un lieu pour manger quelque chose afin de ne pas aller nous coucher le ventre vide. Une échoppe à la mine un peu moins sale que les autres, nous nous y installons et commandons une bière. Il en reste justement une.  Nous sommes les seuls clients et pas un seul autre ne viendra. A la jeune adolescente, entre 12 et 14 ans, qui tient la boutique, qui tient lieu de restaurant, nous demandons si nous pouvons manger. Il semblerait que oui. Mais de toute évidence il n'y a pas grand chose. Il faut dire qu'il ne fait pas très clair, la lumière blafarde ne nous permet pas de bien discerner l'ensemble de ce que contient la pièce. Comme il en a pris l'habitude depuis que nous sommes partis, Christian va fouiller dans un fouillis indescriptible de gamelles et autres instruments indéterminés.Il dégote quatre oeufs durs et deux paniers de riz. C'est déjà pas si mal. J'assaisonne mon riz d'un jus de poisson plus ou moins fermenté, mon Dieu c'est pas mauvais, bien relevé, très salé avec un goût prononcé! Mais notre faim n'est pas apaisée. Christian repart à la charge et trouve quatre tomates et un citron, un délice. Il a fallu cependant demander qu'on les lave car elles avaient une teinte poussiéreuse affirmée. Pour étancher notre soif, il prend une bouteille de thé citron, pour ma part je désire une bière. Je pars donc à la recherche de la boisson convoitée dans une échoppe à côté et reviens triomphalement en brandissant ma Beerlao.
On est bien loin de l'ambiance des lieux de focalisation des Occidentaux. Les bus passent mais ne s'arrêtent pas dans ces coins désolés respirant la poussière la misère et le bruit de la route. Le vélo, par contre vous oblige à l'arrêt, car après 115 kilomètres et une température au moins égale à quarante degrés, malgré l'attrait de l'effort physique, le corps commence à demander grâce et la tête chauffe. Voilà comment on se retrouve dans un endroit improbable, que jamais on ne connaîtrait si l'on voyageait en voiture. Mais c'est la réalité de ce pays, ce que vivent ses habitants, bien loin des lieux de concentration des Occidentaux. Je pense que c'est cette  réalité qui me restera lorsque je quitterai le Laos et non le souvenir des restaurants de Luang Prabang et de Vientiane.  
Mais il y a encore bien pire sur notre planète. Durant les quelques jours que nous sommes restés avec Stéphane, il nous a raconté les conditions qu'il avait rencontrées dans certains endroits reculés de l'Inde. Des lieux sordides à l'extrême, on lui préparait de la nourriture à même le sol au milieu des rats qui grouillaient. D'ailleurs il est resté une fois affalé durant trois jours entre la vie et la mort à la suite d'une intoxication alimentaire. Un gourou est venu après ce laps de temps et lui a administré un produit miracle, peut-être la potion magique d'Asterix? Non seulement il s'est rapidement senti mieux, mais le lendemain il roula  plus de cent kilomètres! Je ne pense pas que je partirais parcourir l'Inde à vélo. En effet, ici au Laos, même dans les endroits un peu sordides et lugubres où nous nous arrêtons, la nourriture semble toujours saine et assez bien protégée.
Au moment de payer, la note s'élève à l'équivalent de 3,80 euros, qui dans la monnaie locale se monte à 38000 kips. Je donne un billet de 50000. La jeune adolescente, pour faire l'appoint, part, puis elle revient avec une poignée de billets parmi lesquels un billet thaïlandais. Les problèmes de monnaie sont parfois très compliqués au Laos! 
 
 
 
27 février Paksong distance parcourue 118 km
 
Des villes qui s'appellent Paksong, il y en a deux au Laos. Celle dont je parle se trouve sur le grand axe (tout est relatif) entre Vientiane et Paksé au sud. Cette étape se déroule le long d'une route que de nombreux  cyclistes préfèrent effectuer en bus. On comprend facilement que l'intérêt n'est pas très important.
 Je dirai simplement que comme partout au Laos tout le monde dit bonjour aux cyclistes étrangers chargés de bagages, tout particulièrement les enfants. Souvent on ne les voit pas et des petites voix cristalines envoient des "sabadi'. On a presque l'impression que ce sont les maisons qui nous saluent de ces superbes petites voix. Ca les rend moins tristes. Même en ne voyant personne je m'applique à répondre par un "sabadi" ou un signe de la main. La chaleur devient de plus en plus imporante au fur et à mesure que nous avançons dans la saison et que nous descendons vers le sud. 
J'ai cassé mon quatrième rayon, je viens donc de mettre ma dernière pièce de rechange. J'espère en trouver à Paksé. Si ce n'est pas le cas, à la prochaine casse, je prendrais un rayon sur la roue avant moins chargée, pour le mettre à l'arrière. Et puis après en cas de nouveau problème, ce sera le car direct pour Bangkok! De  toutes façons, le but initial était de rejoindre Paksé à vélo. L'objectif est presque atteint. J'ai même constaté qu'avec le dernier rayon en moins, la roue présentait un voilage assez réduit. J'ai donc roulé une trentaine de kilomètres et nous n'avons changé le rayon avec Christian que le soir à l'étape. On commence à devenir champion pour cette opération. Mais j'ai encore au moins deux rayons fragilisés, suite au déraillage de chaîne il y a 2000 kilomètres en Thaïlande. Est-ce que le dérailleur a bougé dans l'avion ou est-ce que mon marchand  de vélo m'a fait un mauvais réglage, ce qui a entraîné le blocage de la chaîne entre les pignons et les rayons lors des premières fortes pentes? 
 
 
 
28 février 65 km au nord de Paksé    distance parcourue104 km
 
Ce matin nous partons à 6h30 pour éviter la grosse chaleur qui arrive de plus en plus tôt et qui est de plus en plus forte. Nous assistons à cette heure matinale aux prières des gens le long de la route. Il s'agit principalement de femmes agenouillées individuellement à même le bord de la chaussée, les mains jointes avec devant elles quelques aliments, souvent du riz, qu'elles distribuent aux bonzes qui viennent se ravitailler.

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Vers midi nous arrivons à l'étape. La chaleur est étouffant, 44 degrés. Depuis quelques jours nous sentons un changement très net. Autant au nord nous arrivions à pédaler au-delà de midi, autant il va maintenant falloir faire attention, car l'effort par cette température extrême devient dangereux. Nous buvons beaucoup plus, et nous sommes en permanence assoiffés.
 

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Nous trouvons un petit hôtel bien sympathique. Juste à côté dans une gargote  on nous sert une superbe platée de riz avec une omelette dessus. Nous la dévorons avec une telle voracité que nous en redemandons. Nous accompagnons notre assiette d'une bonne bière locale, bien fraîche. Cela nous change de l'eau que nous buvons en roulant et qui est à plus de trente degrés. Le ventilateur brasse un air chaud, qui ne donne aucune sensation de frais, mais au contraire emplifie la touffeur ambiante. 
Entre problème de vélo et grosse chaleur, une fois arrivés à Paksé, nous ferons le point pour voir comment nous allons organiser la suite du voyage, car il reste encore deux semaines. Nous pensons passer au moins quatre ou cinq jours à Bangkok en finale, et avant nous allons aussi aller visiter le plateau des Boloven au Laos. Nous devrions passer la frontière Laos Thaïlande le 6 mars. C'est le dernier jour de notre visa 30 jours, au-delà un PV de 10 euros par jour supplémentaire. Au moins la règle est claire. On ne vous embête pas pour entrer mais vous devez respecter l'échéance.
 

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C'est la première fois que je fais des étapes supérieures à 100 km trois jours de suite.
 
 
1 Mars Paksé 66 km
 
Ca y est l'étape de ce jour va nous mener à Paksé, le point final initialement prévu de notre périple au Laos. 
Je ressens la fatigue des jours précédents au cours de cette courte étape. Heureusement qu'elle n'est pas plus longue. Nous sommes partis juste après 6h30. Bien que la route soit plate, un vent défavorable nous ralentit et nous force à appuyer sur les pédales plus que nous voudrions.
Aujourd'hui c'est jour de propreté. Le long de la route tous les écoliers sont mobilisés et ramassent les très nombreux déchets, papiers, plastiques et autres qui constellent les deux côtés de la route. Ils en font des tas et y mettent le feu.

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Il s'en dégage une odeur désagréable de plastique brûlé portée par de gros nuages de fumée. Parfois le feu se propage à la végétation grillée de chaleur et par le manque d'eau. Mais cela n'inquiète personne.
Nous nous arrêtons devant une femme maniant une drôle de presse à faire du jus de canne. Elle nous en remplit deux grands récipients, auxquels elle ajoute des glaçons. C'est absolument délicieux. Je pourrais en boire des litres et des litres. Souffrir sur la route sous la chaleur et le vent apporte au moins cette consolation, de pouvoir se désaltérer d'un véritable nectar, que l'on apprécie beaucoup plus au cours d'un effort prolongé.
 

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Ne devrions rester quelques jours à Paksé. Nous ne devons pas passer en Thaïlande avant le 3 mars, car nous n'aurons qu'un visa 15 jours. Notre avion étant le 17, cela fera juste le compte. Mais nous allons probablement prolonger jusqu'au 5 ou 6 mars. Puis nous partirons à vélo jusqu'à la ville d'Ubon, point de départ de notre périple à vélo le 14janvier. Avec un petit détour prévu le long du Mékong cela fait de l'ordre de 150 kilomètres à parcourir, en deux petites étapes
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Demain nous partons visiter le plateau des Boloven avec un couple de cyclistes germano-irlandais, qui sont sur la route depuis une dizaine de mois. Je précise que nous y allons en véhicule à moteur. Cela fait du bien de laisser un peu les vélos!
 
 
2 mars visite des Boloven
 
Ce matin nous changeons de logement. Nous rejoignons la guest house "sabaidi", très réputée parmi les routards occidentaux. nous n'avons plus l'impression d'être dans un pays très loin, mais de nous trouver dans un refuge d'occidentaux! En arrivant on voit tout ne suite que nous ne sommes pas à la mode asiatique avec un bol de riz pour petit-déjeuner, mais  la confiture et le pain constitue le menu, alors que depuis deux mois nous n'en avons pratiquement pas vus; on peut être routard et tenir à ses petites habitudes occidentales. je dois reconnaître que c'est très agréable. demain nous ferons comme eux, pour aujourd'hui nous nous sommes déjà alimenté à la mode locale.
8 heures , départ. nous sommes 10 dans le mini-bus, en comptant le chauffeur et le guide. Ce dernier, vieux d'une vingtaine d'années est plein d'humour et connaît bien son sujet pour intéresser les touristes. 
Nous allons parcourir de l'ordre de 200 kilomètres avec différents arrêts, dont trois visites de cascades, différentes plantations de thé et café ainsi que plusieurs villages représentant des éthnies différentes. journée intéressante sur le plan culturel, mais très décevante quant à la beauté des paysages, que l'on nous avait annoncé comme incomparable.

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Dans le village de cette minorité ethnique, fumer la pipe fait partie de l'héritageculturel. De ce fait les enfants l'utilisent dès l'âge de quatre à cinq ans!
 
 Nous avons passé une excellente jornée, très instructive même si les paysages n'étaient pas spectaculaires. Il faut bien reconnaître que nous avons en France tellement de sites naturels et humains de grande beauté, que l'on devient très difficile!
 
Ce soir nous dînons avec un couple de cyclistes néo-zélandais. La discussion multidirectionnelle est très intéressante pour moi, moins pour Christian qui a une maîtrise très limitée de l'anglais.
 

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3 mars journée de repos à Paksé
Ce matin, lever vers les huit heures, ça fait du bien. Nous aurons un morceau de pain pour le petit-déjeuner, nous apprécions. Nous consatons que le couple germano-irlandais qui devait partir ce matin, et qui était venu gentiment nous dire au-revoir sont toujours là. Elle a un fort mal de tête et espèrent pouvoir mettre le cap sur le Cambodge demain.
Nous partons vers le marché de jour. Il est gigantesque et bonheur suprême,  plusieurs étalages de poissons exposent des spécimens étonnants, autant par leur taille, leur forme et leurs couleurs. Incroyable, je reste un long moment à faire arpenter le secteur en tous sens. Je désespérais de voir un grand marché aux poissons avant de quitter le Mékong. Ce fleuve représente l'un des plus riches écosystèmes d'eau douce. Les variétés de poissons se comptent en centaines, 800 me semble-il!

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Tous les poissons que j'ai photographiés au marché, qui se situe à moins de cinq cents mètres, proviennent d'ici. On peut distinguer quelques barques de pêcheurs, perdues dans l'immensité du fleuve, qui fait au moins un kilomètre de large. 
 
Un lien vers les monstres du Mékong:
http://www.labouillette.com/suitenews.php?newsid=199
 
 
Demain je débute un dernier chapitre sur notre voyage, le retour en Thaïlande  en direction de Bangkok.
 

Commentaires

Quand je te lis, JE ME SOUVIENS comme on dit au Québec, et plus que jamais le "J'voulais juste traverser le Mékong" me parait parfaitement adapté ! Riiiiiiiiiire...

Bon courage et bonne route...

Dolma

Écrit par : Dolma | 02/03/2013

Z'ont quand même une drôle de tête ces poissons!

Écrit par : Bertrand | 03/03/2013

Z'ont quand même une drôle de tête ces poissons! Je constate avec joie que votre aventure se déroule sans encombre particulier. Concernant tes rayons, as-tu pensé à changer directement la roue? Ca ne devrait pas être excessivement cher la-bas tout en te permettant d'envisager l'avenir plus sereinement. En plus, au pire, tu peux toujours mettre une roue de 26 pouces et compenser le diamètre avec un pneu de section plus grande. Ici, c'est le train-train quotidien, bien loin de votre dépaysement et de vos efforts de tous les instants. Continuez comme ça et rentrez en pleine forme. Papa, les black-bass se réveillent, tu vas rentrer pile pour l'orgie.

Écrit par : Bertrand | 03/03/2013

BOULETTE!!! Tu n'as pas de freins à disque, donc tu ne peux pas changer de diamètre de roue, sinon tes patins de frein ne toucheront plus la jante!!! Donc tu es condamné à rester avec une roue de 700!!! Voilà, en espérant que tu trouves une bonne solution, la bise et à bientôt pour déchirer les gravières!!! :)

Écrit par : Bertrand | 03/03/2013

"C'est le dernier jour de notre visa 30 jours, au-delà un PV de 10 euros par jour supplémentaire. On pourrait peut-être s'en inspirer en France? J'arrête là, car je tombe dans le politquement pas correct! "

Dans ce cas parlez aussi des sidérantes conditions d'obtention (et de non obtention surtout le plus souvent !) des visas touristiques français pour les étrangers. Et de leurs hallucinants prix. Et de ce prix non remboursé en cas de refus ! etc. Bref, je vois que certains touristes gâtés ont le "politiquement correct" plutôt sélectif...

Écrit par : sustria | 06/04/2013

Bonjour Sustria, les faits que vous relatez, dont je ne réfute pas la véracité, et que je déplore tout comme vous, vont dans le sens de ce que j'exprime: la mise en oeuvre de directives simples appliquées à partir de lois et de règlements qui en définissent clairement les contours, ce qui entre autre éviterait sans doute les abus que vous dénoncez.
Je vais en conséquence reprendre ma phrase dans ce sens.
Lucbertrand

Écrit par : lucbertrand | 06/04/2013

un peu......beaucoup.....franchouillard ces commentaires. Cela dénote le beau récit de ce voyage. Voyage que beaucoup devraient expérimenter pour prendre du recul. En tout cas, bravo les gars et à bientôt dans vos nouvelles aventures.

Écrit par : GERARD | 16/02/2014

Pourquoi ne pas être passé par les 4000 iles sur le Mékong ?

Écrit par : BRIERE | 30/12/2014

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